Tout autour, il y a la terre aride, le sable, le caillou. La bosse sans âge des montagnes, l'arête vive qui mord le ciel, le vague
à l'âme du sédiment. L'histoire du temps. Le plat, le creux et le relief. Poussé par le vent, le désert grignote tout, sans oser avouer son forfait.
Figuig est là, entre plaine et plateau, lovée dans ce bout du monde-frontière, île verte émergeant
d'un océan de poussière.
Le gris et l'ocre voudraient avaler le vert, mais le vert résiste, grâce au miracle de l'eau et au travail des hommes.
Figuig, l'oasis peuplée de femmes cyclopes, hésite. Entre le caché et l'offert. Entre l'ombre et la lumière. Entre le rose et le noir. Entre le parfum des fleurs et le croupi de l'eau immobile. On voudrait rester là, pour comprendre mieux cette énigme séculaire. Mais il faut partir, déjà.
À quand la promesse du retour ?